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Au début, tout est simple. Une nouvelle relation, un nouveau travail, un nouveau pays, un nouveau client, un nouvel ami, un nouveau projet. On vit une période «lune de miel», puis, tout doucement, les choses se compliquent. Pourquoi?

C’est toute une question.

Pour garder les choses simples, à long terme, il faut accepter de les rendre juste un peu plus complexes au jour le jour.

Des exemples : dans un appartement, si on aime que les choses soit simples, il faut éviter l’accumulation, ranger au fur et à mesure, se demander si nos meubles conviennent aux fonctions qu’on leur donne, aux gens qui les utilisent, s’ils sont adéquat pour la pièce, pour la circulation… il faut donc parfois réaménager, nettoyer, entretenir, parfois modifier, en changer.

Dans une relation, si on veut que les choses soient simples, il faut parler, écouter, expliquer, accepter de comprendre, rectifier. Accepter parfois de ne pas comprendre et faire confiance, mais ne jamais taire un malaise.

Dans un texte, une explication : aller droit au but, enlever ce qui est superflu, corriger le style, adapter à notre public cible… Ça demande des efforts à court terme, qui seront payant plus tard. Si on suit quelques bons principes zen, on pourrait apprendre à développer notre attention, notre intuition et notre habilité à faire ce qui doit être fait avec l’énergie nécessaire. Ni plus, ni moins. Ça peut paraître simple n’est-ce pas?

En fait, il faut questionner nos choix… et répondre. Sauf que ça demande beaucoup d’attention, de présence, et un certain investissement de temps. Il faut être conséquent. Avouons que par manque de (…temps, ressources, intérêt, enthousiasme, énergie) on achète la paix, on laisse faire ou on reporte ces considérations à plus tard.

Dire la vérité prend souvent plus de temps et de tact que d’inventer une excuse ou simplement ne rien dire… ne pas expliquer. Et je ne prétends pas ici, que de dire la vérité est toujours le choix adéquat. Tolérer un malaise est plus facile que de le questionner ou aller à la source pour le comprendre. Éclaircir une zone grise…

À chaque fois que ce genre d’occasion se présente, on a une petite intuition que cette mini complication va entraîner une conséquence. Pas toujours grave. Mais un malaise en entraîne un autre, un mensonge en entraîne un autre. La plus part du temps.

On peut facilement s’habituer à contourner (et à faire taire) toutes les petites intuitions et à assumer les complications qui prennent forme. N’est-ce pas là le lot des vies modernes?

Il suffit de voir avec quel plaisir on regarde des séries comme «House of Cards», pour constater que nos vies sont assez simples si on les compare à celles de ces gens aussi ambitieux que tordus… prêt à des jeux d’une complexité maladive pour en arriver à leurs fins. On aime être témoin de leur ascension, puis les voir dégringoler le jour où ils poseront la mauvaise carte au mauvais endroit. C’est Babel. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? Démonstration d’intelligence et de vanité, le cynisme est beaucoup plus «glamour» que la gentillesse.

Très peu pour moi. À quand une série totalement inintéressante sur des gens mentalement sains et responsables qui tentent de donner un sens à leur agitation quotidienne. Hi, hi, hiiii…

Faire simple… c’est compliqué! by