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Dans les dernières semaines, j’ai eu l’occasion de lire plusieurs articles décrivant l’état de fatigue dans lequel les femmes se retrouveraient à cause de la charge mentale. Plusieurs femmes de mon entourage ou sur les réseaux sociaux ont relayé ces articles en avouant que ça mettait enfin des mots sur ce qu’elles ressentent depuis des années.

C’est un concept intéressant, je n’ai trouvé aucun avis discordant autre que des niaiseries du genre ‘’ anyways les madames ne sont jamais contentes ‘’…sinon des témoignages de femmes se sachant chanceuses d’avoir un conjoint coopératif et proactif.

C’est pourquoi J’ai envie de partager le léger malaise que ça soulève en moi quitte à me faire tirer des roches. Est-ce simplement le disciple de la légèreté qui a du mal avec le concept de surcharge ? Peut-être, mais il y a autre chose. Personnellement, l’ordre et la planification me libèrent l’esprit. C’est une hygiène mentale qui m’est nécessaire, mais je ne peux imposer cette structure aux autres. Il est vrai qu’à partir du moment où on doit vivre en groupe, il faut discuter et établir certaines règles, mais on doit aussi respecter la nature de chacun.

 Je reconnais qu’il faut encore revendiquer le partage des tâches familiales et que c’est inconcevable qu’elles incombent spontanément aux femmes, mais on ne peut pas reprocher à quelqu’un de ne pas voir ce qu’il ne voit pas, de s’en faire pour quelque chose qui ne l’inquiète pas. Ce qui m’agace le plus au fond c’est que ces articles séparent encore une fois l’humanité en deux genres. Je connais pourtant des femmes bordéliques et des hommes hyper organisés. Et ce n’est pas une question de genre, c’est une question de nature, de connections neuronales, d’éducation, d’habitude, de programmation. Je remarque pourtant avec beaucoup de bonheur que les genres se multiplient, que les modèles familiaux se diversifient. Enfin les humains revendiquent leurs différences, acceptent de moins en moins de se faire mettre dans des petites boîtes et choisissent de plus en plus d’être ce qu’ils désirent être.

On a tous des corps et des cerveaux différents, des limites, des talents, des capacités impossibles à comparer. La normalité est un concept flou qui correspond au plus grand nombre (je crois plutôt que ça ne correspond à personne). On est si rapide à juger les autres alors que si notre passé, notre contexte de vie, nos capacités, notre éducation étaient les même, nous penserions et agirions probablement comme eux.  De toute façon, si vous avez vécu suffisamment longtemps vous avez certainement remarqué que les AUTRES correspondent rarement à nos attentes, n’est-ce pas ? Et c’est tellement mieux comme ça !

Quand les stratégies qui visent notre bien-être (planifier, voir à ce qu’il ne manque de rien, nettoyer, classer, réparer, voir venir, faire des listes) nous envahissent et nous mènent au bord de l’implosion, c’est que le remède s’est transformé en maladie et c’est l’heure d’une révision (slacker les listes, lâcher la perfection, respirer par le nez et faire quelques salutations au soleil). Refusez la charge mentale, arrêtez de penser à tout. Non, le monde ne va pas s’écrouler. Essayez, vous allez voir! Laissez les autres être ce qu’ils sont et travaillez sur vous… Ai-je droit à un temple? Ma solution n’est pas magique et elle implique une longue déprogrammation, mais elle fonctionne. Si c’est vous qui en faite trop, la solution n’est pas de reprocher aux autres de ne pas en faire assez !

Que ces articles aient mis des mots sur une réalité vécue par plusieurs, c’est bien. Mais j’espère que c’est juste le début d’une réflexion sur l’étrange habitude qu’ont les humains de toujours faire plus, penser plus, contrôler plus, consommer plus, juger plus jusqu’à l’épuisement.

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Pour en finir avec la charge mentale by