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Heu… quand je dis «ça», je ne parle pas d’une chambre dans un baril. Mais la photo m’a rappelé des souvenirs. Quand j’étais petite, j’avais aménagé une cabane dans le placard de ma chambre. Une minuscule cabane avec des coussins, des foulards de soie, une lampe et des livres. Ma mère avait peur que j’y mette le feu mais c’était mon refuge, mon cocon tout chaud, mon petit monde magique.

Le monde de l’enfance est plein de possible mais les expériences de la vie nous apprennent à nous protéger. On perd en naïveté, on apprend à négocier, à calculer. L’amour fait partie d’une des plus grandes quêtes de notre vie. Source de plaisir et de bonheur possible, mais à quel prix? Dès nos premiers émois, alors qu’on y comprend rien, on a droit aux palpitations cardiaques, au stress, aux déploiements de stratégie. S’en suivent parfois des espoirs déçus, trahisons, jalousies, incompréhensions, mensonges, ruptures… ou, tout aussi triste : routine, habitude, désintérêt… « Les histoires d’amour finissent mal… en général » chantait avec lucidité, Catherine Ringer.

Même en cette époque d’absence de modèle, on ne peut s’empêcher d’y croire. Croire à quoi? Croire à ça. «Ça».  «L’aimes-tu? demande ma fille à son amie d’enfance… «je ne sais pas… mais c’est quoi l’amour?». Cute. N’a-t-on pas tous déjà prononcé ces mots? Peut-être ne croit-on plus à un seul amour pour toute la vie, peut-être apprend-on de nos erreurs et qu’avec l’âge, on ne confond plus amour et passion destructrice. Après avoir expérimenté  les relations tissées de mauvaise foi et de rapports de forces, les relations faites de reproches et de contrôle celles qui nous font mal et nous empoisonnent la vie, il serait raisonnable mais triste de se « contenter » d’une relation convenable et confortable. L’amour ne devrait jamais devenir raisonnable. Entre l’amour junkie et l’amour pantoufle, il doit forcément exister quelque chose?

On agit comme si la vie nous avait fait une promesse et même si certains abandonnent, baissent les bras avec amertume ou cynisme, la plus part de nous y croyons encore. Je profite de cette mi-février, de cette fête rose et sucrée, peu importe si elle est signifiante ou pas, pour me poser ces questions sur le sens de ce moteur incroyable de nos vies. L’amour est une telle source d’inspiration depuis que le monde est monde. Il ne faut pas cesser de croire en cet amour qui nous transporte, qui nous rend meilleur, plus beau, plus fort, plus intelligent. Un amour qu’on admire, qu’on respecte, qu’on cultive, dont on prend soin.

Quel rapport avec la légèreté? L’amour donne des ailes. Si c’est lourd, c’est que ce n’est pas «ça». Cliché? Tant pis. Pour moi, c’est le plus beau des clichés. Au risque de voir débarquer mes amis détecteurs de discours pralinés, Kalachnikov à la main.

C’est comme ça que j’ai toujours rêvé l’amour. Un lieu de rencontre et de partage, un lieu imparfait qu’on invente à deux, tous les jours. Notre petit monde magique (je confirme que nos mères ont encore peur qu’on y mette le feu). Des bras dans lesquels on se sent protégé, nourri, à l’abri, bien au chaud. Un endroit ou je vais refaire mes énergies, où je n’ai pas à me protéger, où l’on m’accueille telle que je suis. Un lieu de partage ou j’ai envie que l’autre soit heureux, grandisse, évolue et où il m’offre l’espace de devenir moi. Un port, un ancrage, un incubateur. C’est aussi ce que je veux être pour l’autre. J’avais hâte d’être ça dans ma vie pour quelqu’un qui me donnerait envie d’être ça. Et si je ne l’avais pas trouvé, je le chercherais encore. Et je vais tout faire pour ne pas le perdre. Et si je le perd, je le chercherai encore. On devrait tous avoir droit à ça.

On devrait tous avoir droit à... «ça» by