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Vers la fin de l’article La méthamorphose du travail, je vous racontais avoir fait le difficile choix de me «chromatiser». J’ai défroqué de la secte de Steve Jobs pour entrer de plein pied dans la matrice de Google. J’avais aussi dit que je vous en reparlerais. Je fais donc le point sur mon expérience, 3 mois plus tard. J’ai décidé de ne pas me racheter de Mac, j’avais déjà un PC, j’ai changé mon Iphone pour un Androïd, mon Ipad pour un Chromebook et tranféré tous mes fichiers sur Google Drive.

Pourquoi? Parce que mes appareils étaient en fin de vie et même si je prêche pour la dématérialisation, malheureusement nous avons encore besoin de certains supports matériels. Pour être en cohérence avec le concept de la légèreté, j’ai cru bon d’explorer la possibilité de minimiser l’investissement dans les appareils et miser davantage sur l’importance du contenu.

Et voici en quoi je me suis… trompée.

Je l’avoue, je vouais un culte à mes outils Mac. Ils sont beaux et ils sont facile à utiliser. D’un autre côté, j’étais un peu frustrée de «l’écosystème fermé d’Apple» du prix très élevé des appareils et de la vitesse à laquelle s’enchainent les nouveaux modèles. Téléphones, tablettes, laptops, étuits protecteurs, sacs de transport, adaptateurs et cables de chargement (qui changent TOUT LE TEMPS) tout est prévu pour vous transformer en consommateur compulsif, toujours prêt à faire un pèlerinage au Apple Store.

Pour le PC, ça va. Disons que j’ai toujours vécu dans des maisons ou les 2 systèmes se côtoyaient et j’ai l’habitude de passer d’un à l’autre sans problème. C’est comme la conduite d’une voiture manuelle ou automatique, deux manières, une qu’on préfère habituellement à l’autre, mais quoi qu’il en soit, on se rend à destination.

Pour le téléphone, l’aventure a été pénible. Remplie de bonne volonté, j’ai passé un bon 50 heures de ma vie à faire la transition entre mon Iphone et mon Samsung Galaxy, à transférer mes données, à retrouver des applications équivalentes et à faire des choix dans les cent mille configurations possibles.

Sincèrement, j’ai frôlé la dépression…100 fois, j’ai voulu balancer l’appareil par la fenêtre. 50 fois, j’ai raccroché au nez de mes amis parce que ma joue ou une mèche de cheveux avait frôlé l’écran trop sensible pendant une conversation. J’ai fini par acheter une interface qui imite l’IOS7 du Iphone tellement j’étais perdue avec tous ces écrans de «gamer» et ces pup-ups qui arrivent de partout aussitôt qu’on frôle quelque chose. Bref. J’ai réussi à rendre la chose, à peu près fonctionnelle mais je sais que j’utilise à peine 5% des possibilités de ce téléphone. Et c’est pas l’amour entre lui et moi pour dire vrai.

Quant au Chromebook, je dois dire qu’il est assez pratique, mais il ne remplace pas la tablette. Comme portfolio par exemple, je préfère de loin utiliser mon vieux Ipad. Mais il se transporte aussi facilement et un clavier, c’est bien pratique. Il me sert d’ordinateur d’appoint et je peux m’en servir pour le travail si je travaille sur des textes, mais pas sur des images puisqu’il est impossible d’y installer des logiciels. Je dois aussi dire qu’il est d’assez mauvaise qualité (à ce prix, il fallait s’y attendre) et même si j’en ai pris bien soin il est déjà beaucoup moins beau qu’il y a trois mois.

En conclusion, je ne regrette pas mon choix de travailler avec les outils qu’offrent Google et le transfert de tous mes fichiers sur Google Drive. Mes fichiers sont les mêmes partout et disponibles en tout temps. Je peux donc travailler de n’importe où, du moment où j’ai accès à Internet (ce qui est rarement un problème puisque je peux partager la connexion de mon téléphone au besoin). Ce que je constate toutefois, c’est que malgré ses défauts, Apple fait des produits de qualité. Des objets désirables qu’on a plaisir à utiliser. Ce sont ces aspects (désir/plaisir) que j’ai abandonné en faisant ces choix. Apple passe un temps fou à peaufiner des détails qui facilitent l’utilisation et qui simplifient la vie.  Temps fou que nous pouvons consacrer à autre chose que de s’arracher les cheveux et fouiller sur les forums de discussions pour trouver des solutions à nos problèmes, ou souffrir pour des détails insignifiants qui ont simplement été mal pensés. Rien ne vaut l’expérience. On se rend compte de ces mille détails quand on en est privé.

J’ai questionné ma foi. Au bout de 3 mois, je suis prête à affirmer que dépenser moins ne valait pas le coup, j’assume l’expérience, mais je reviendrai vers la pomme à la première occasion. La vraie légèreté, c’est d’avoir peu, mais de faire les meilleurs choix.  Je dois me rendre à l’évidence que je suis prête à y mettre le prix. Ça le vaut.

Steve… tu m’énerves. Tu dois bien rigoler là haut, parce que tu as raison. Respect.

Steve Jobs Le livre (version électronique bien sûr)

 

Steve, tu m'énerves by