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La semaine dernière, j’ai vu le documentaire ‘’l’Empreinte’’. C’est étrange que ce soit une amie Française qui m’ait mis sur la ‘’piste’’ (la tentation du jeu de mot était trop forte, je ressemble de plus en plus à mon père). Mon amie Sophie donc, qui habite le Québec depuis plus de 15 ans, m’a dit que ce documentaire était ce qui lui avait enfin permis de comprendre VRAIMENT l’identité québécoise. Bon, bon, bon… ma bonne dame me suis-je dit, même le Québécois ne connais pas vraiment le Québécois alors, je vais me garder un doute raisonnable. Évidemment Roy Dupuis et sa tête de coureur des bois représente l’archétype parfait du fantasme Français. J’imaginais déjà le trappeur se déplaçant en traîneau à chiens dans la nature sauvage vers sa cabane en bois ronds. Bref, ce fût ma première réaction, j’ai mis ça sur la  »to do list » et j’ai pris au moins 6 mois avant de me décider à le visionner. J’avais tout de même l’intuition que j’y trouverais quelque chose de plus grand. Je connais trop bien Sophie pour savoir qu’elle en connais long sur la nature humaine et qu’il y a longtemps qu’elle a cassé ces clichés à grands coups de cuillère de bois dans le sirop d’érable.

Eh ben je n’ai pas été déçue. J’y ai moi-même appris beaucoup de choses sur les Québécois. D’ailleurs, je ne cesse d’apprendre sur ma propre culture en ce moment. L’identité est au cœur de mon travail, puisque je conçois des d’identité d’entreprises, alors forcément tout ce qui touche à l’identité m’intéresse au plus haut point. Le Code Québec, paru l’automne dernier dégageait 7 traits identitaires : les Québécois seraient heureux, consensuels, détachés, victimes, villageois, créatifs et fiers. Je suis assez d’accord, mais pourquoi se cherche-t-on autant? J’ai ma petite théorie personnelle là-dessus. Je nous vois un peu comme une startup. On se cherche et on manque un peu d’habileté. J’ai souvent pensé qu’on était un peuple adolescent et on est super cool à certains moments puis en réaction violente le moment d’après. Extrêmement susceptible aussi. Chose certaine, nos frontières sont floues et mal définies alors on réagit en fonction de ce qui se présente. On est ouvert à tout mais on ferme la porte aussitôt qu’on ressent un malaise. Souvent sans comprendre pourquoi. Et surtout sans l’expliquer. L’analyse et le débat ne fait pas parti de l’équation, on carbure à l’intuition. Comme nos frontières sont floues, mais que le territoire est grand, si on nous embête, on se pousse. Tout simplement. On dit que les Québécois sont issus d’une culture française, vivent dans une société anglaise avec un mode de vie américain. Soit. Mais moi, je ne me sens pas plus Française qu’Anglaise, et encore moins Américaine, j’ai beaucoup de mal à penser que je suis un amalgame de ces 3 cultures.

Le documentaire met en lumière nos profondes racines amérindiennes. C’est quelque chose qui a complètement été occulté dans notre histoire. Je ne vous dévoile rien, les différents intervenants du documentaire vous l’expliqueront bien mieux que moi et l’histoire se tient parfaitement bien. Du coup, ça m’a aidé à comprendre bien des choses. Notre accueil, notre gentillesse, notre malaise face au conflit, notre non compétitivité, notre amour du consensus, notre fort penchant pour la collaboration, notre horreur des prises de tête et des discussions qui n’apportent pas de solutions, notre désir d’aider, notre amour de la nature et notre besoin de liberté. Notre côté cool, simple, débrouillard, qui aime profiter de la vie et faire la fête. Ça explique aussi assez bien notre esprit de clocher et notre tendance à la victimisation.  J’ai toujours ressenti un malaise important dans notre relation avec les premières Nations. J’ai eu le désir de quitter en claquant la porte chaque fois que j’ai été témoin de remarques dénigrantes. Je comprend mieux maintenant.  Je préfère de loin penser que ce n’est pas en réaction aux 3 cultures mentionnées précédemment que nous avons développé ces caractéristiques, mais plutôt parce qu’elles font parti d’une culture profondément ancrée, mais ignorée. Tant que cette partie de l’histoire n’est pas intégré (même pas su en fait) et que la réconciliation n’a pas eu lieu il nous manque un ancrage important qui nous retiens dans l’adolescence.

Sachons toutefois que l’adolescence est une période importante de notre développement, on est un peu mal dans notre peau certes, on ne sait pas tout à fait qui on est et d’ou on vient. Il est alors parfaitement compréhensible qu’on ne sache pas ce qu’on veut. Toutefois on sait précisément ce qu’on ne veut pas. Entre autre, se faire mettre des étiquettes qui ne nous conviennent pas, qui nous réduisent. C’est déjà un bon indicateur et tout doucement, les choses se mettent en place. Une prise de conscience pourrait transformer le malaise en fierté et j’ai l’intuition que la maturité est plus près qu’on ne le croit.

Pour vous donner envie de voir le documentaire, cette entrevue est ‘’plus sexy’’ que la bande annonce :

https://www.dailymotion.com/video/x2ill6s

L'identité québécoise by